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« Le métissage est un processus délicat qui se produit rarement car il est l’acceptation de l’autre non pas à l’extérieur de soi mais en soi-même. » François Laplantine |
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Comparatif des vidéos : la culture naît du Métissage Toutes les sociétés sont d’emblée métisses, affirment des intellectuels comme Jean-Loup Amselle ou Serge Gruzinski, d’un point de vue culturel. Toute culture se constitue et se régénère au contact d'autres cultures, aucune ne saurait échapper à ce processus du métissage. Les langues et leurs emprunts constants à d'autres idiomes, qui constituent sans doute la première approche dans la compréhension de toute culture, en sont certainement un des meilleurs exemples. Le métissage culturel se constitue de mélanges, de pratiques, de comportements, de croyances, d’imaginaires, d’idées…Il est à différencier du métissage biologique, et possède déjà une histoire longue de nombreux siècles, bien que le phénomène ait commencé plus tardivement en Europe. Il s'est souvent effectué dans la violence et induisait des rapports dominants/dominés, colons/colonisés, du moins dans ses premières heures, avant qu'il ne devienne le fait d'un choix consenti, reconnu comme enrichissant et érigé peu à peu en véritable mode, laquelle est parfois opportuniste et commerciale (dans le métissage culinaire par exemple). Aujourd'hui, le métissage est donc à la mode. Et tandis qu'avant, les métis étaient de façon regrettable considérés comme abâtardis (notamment à travers toute l'histoire coloniale), aujourd'hui on chante les louanges du métissage et de la double culture, parfois d'ailleurs sur un ton bien consensuel. Il y a pourtant un paradoxe : alors que l'on ne cesse d'affirmer que le métissage est une richesse, qu'il est une composante primordiale de la société française, l'acceptation des métis n'est pourtant pas totale. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d'œil à leur représentation dans les médias… (Denis Maréchal illustre bien cet état de fait dans son sketch.) Certes, le métissage est présent, et l'on ne saurait le nier, pourtant il dérange, à la fois dans les termes utilisés pour le désigner (Amselle lui préfère par exemple le terme de « branchements »), comme aussi certainement pour des raisons culturelles (il est difficile d'admettre pour certains que « leur » culture puisse être associée à une autre, ou qu’elle soit considérée « moins riche » qu'une autre ; le métissage pose aussi le problème de la « racialisation » des sociétés, etc.). Dans le domaine artistique, le métissage est souvent bénéfique et novateur, il est le mélange indissociable et parfois inconscient de plusieurs traditions, qui dans les faits peuvent être opposées, radicalement différentes, voire contradictoires. Toujours est-il que son résultat est habituellement novateur (la cuisine texmex par exemple). Formé d'une fusion d'influences mutuelles et supposant l'appropriation, dans un premier temps, de différentes composantes culturelles, pour ensuite créer un résultat inédit et original, il participe au développement de formes artistiques nouvelles. Le métissage culturel ne nie pas le bien fondé de l'une ou de l'autre culture, il ne se donne pas pour objectif de valoriser l'une plutôt qu'une autre : il consiste en la volonté d'unir des composantes de ces deux cultures pour en retirer un apport mutuel ou un avantage, un bienfait pour sa culture d'origine (un bon exemple en est l'invention de l'alphabet N'Ko par Souleymane Kanté). Le métissage est aujourd’hui interculturel. En témoigne l’écrivain Patrick Chamoiseau, qui explique les changements linguistiques par la mondialisation et l’ouverture des peuples. L’artiste peintre franco-camerounaise Carole Onambélé est elle aussi issue de la mixité : elle se sert de son métissage, des avantages des deux cultures qui sont les siennes, sources d’enrichissement pour créer des œuvres qui deviennent innovantes par la combinaison qu’elle crée de ces deux cultures. Ce monde transculturel ne date pas de la globalisation : les peuples d’Amérique du Sud se sont mélangés, ont été influencé par les Européens. De même, la musique Arabo-Andalouse est issue d’une mixité de peuples, et se perpétue : telle la danseuse orientale et celle du flamenco. Parallèlement, des actions visent à favoriser le métissage, comme Orchestra et ses trente musiciens de quinze nationalités différentes. Cette initiative a contribué à réunir des individus aux cultures pas toujours valorisées en Italie, démontrant ainsi par le succès qu'elle a rencontré que le métissage et la tolérance s’avèrent fructueux. Cependant, l’harmonie culturelle du monde est encore une utopie partielle : les Noirs du Brésil multiethnique subissent encore et toujours des discriminations. Les Métis, issus d’une double culture, cherchent parfois leur propre identité face à l’intolérance, problème que l’humour de Denis Maréchal permet d’aborder de façon détournée. Le métissage est positif, créatif, enrichissant, mais il peut vite devenir négatif, lorsqu’on impose une mode, celle de la world culture, à un peuple : il faut garder la capacité de choisir, sans laquelle aucun métissage ne saurait être profitable à celui qui le subit. Ainsi le métissage peut devenir commercial : l’utilisation de la nourriture exotique par exemple... Il peut aussi être un signe de supériorité : en Thaïlande, être métis est un privilège, un luxe. Le métissage crée par ailleurs des stéréotypes, que les pays entretiennent parfois : ainsi la Capoeira, symbole aujourd’hui du Brésil, était jadis un art des esclaves noirs, la world musique reste ludique, la mode s’inspire tantôt des vêtements traditionnels africains… Mais l’Afrique ne se restreint pas à ses traditions vestimentaires et aux motifs de ses étoffes, ni le Brésil à la Capoeira et au Football, les musiciens ne sont pas les seuls artistes d’un pays, il existe aussi des écrivains marocains…certes moins connus et moins accessibles ! Mais l’art multiculturel permet, malgré son instrumentalisation parfois, la création, la rencontre des citoyens du monde… Les vidéos que nous avons choisi de vous présenter, loin d’être contradictoires, empruntent les mêmes chemins, ceux du métissage culturel, d’un voyage vers soi même et vers l’autre. Vouloir se cloisonner revient à régresser, à se censurer, se faire du mal, enfin et surtout à se priver de richesses insoupçonnées… Le métissage doit être considéré pour ce qu'il est : une chance, une occasion magnifique de s'ouvrir à d'autres cultures, de permettre à son imaginaire de voyager vers d'autres horizons et finalement de se rendre compte à quel point une société sans mélanges, sans métissages, serait insipide et fade !
QU'EST-CE QUE LE METISSAGE CULTUREL ?
ET EN PRATIQUE, CA DONNE QUOI ?
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Cette rubrique analyse l’ensemble des commentaires des différentes vidéos présentées sur ce site, puis propose de les consulter à la suite, afin de présenter une synthèse susceptible de mieux nous éclairer sur le phénomène du métissage culturel et les divers aspects qu’il revêt aujourd’hui, que ce soit dans les discours sur l’interculturalité, comme dans ses pratiques.
Crédits © Fourastié, Guillois, Keller 2009 |
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